Mise en scène

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Hello !

Qu’on sache en jouer ou qu’on le subisse peu importe, nous vivons aujourd’hui dans une société de l’image.

Un monde où celui qui ne se met pas en scène est une exception.

On peut tenter d’attribuer ce changement à une nouvelle génération décadente et idiote. Mais traiter les jeunes d’écervelés alors que le besoin de se mettre en valeur est humain ne sert à rien.

Seulement il faut apprendre à danser avec une poignée de mot pour nous décrire, d’images pour nous mettre en valeur.

Le danger c’est de devenir un fugitif. De se dégrader. A force de se décrire seulement par de brèves phrases, de devenir le peu qu’elles disent.

C’est prendre le risque de s’inventer par des images, sans autre but que plaire.
Plaire à des gens dont on se moque. Mais tenter de leur plaire quand même. Être indifférent quand ça fonctionne, parce que finalement ça ne sert à rien. Et blessé quand on échoue.

Vivre pour polir son image, c’est prendre le risque d’abîmer ce qu’on est. De l’écorner, de trop le gratter.
Ou pire, c’est risquer de voir ce qui est en dessous du vernis se vider, devenir creux et transparent, prêt à refléter tout ce qu’on souhaite, sans exister pour soi.

On joue avec un danger qui bien souvent nous dépasse. Avec une image qui de toute façon nous échappe. On se met en scène en sachant pertinemment que tout sera galvaudé, nos propos corrompus et nos rêves moqués.

Tant qu’on existe encore pour soi, pour ceux qu’on aime, ça ne nous touche pas tant que ça.
Mais dès qu’on a cédé à se besoin de refléter l’idéal des autres pour leur plaire, on est meurtri par chacun des échecs à la mission que l’on s’était fixé.

Mais bonne nouvelle, on peut en revenir. Les premiers symptômes, la prise de conscience blesse.
Puis on se reconstruit. A la fois plus fort et plus fragile.
Brisé mais sur le point d’être reconstitué.

On se met en scène si éperdument que ça en devient touchant. Presque artistique.

Tant de peine pour plaire, pour rien.

Pour se rendre compte qu’il veut mieux reprendre goût à être nous-même.

A avancer entouré mais pour soi. A devenir sa meilleure version.

A savourer l’instant, la découverte et le partage.

Le plaisir d’être un soir dans une ruelle déserte avec ceux qu’on aime.

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